Lorsque j’ai dit à Nathalie Baye que je souhaitais faire un portrait d’elle, elle m’a tout de suite répondu : «…j’ai l’impression que j’ai de plus en plus de difficulté à me raconter, j’ai vraiment le sentiment que mon travail me raconte mieux que je ne pourrais le faire. ». Je lui ai alors immédiatement proposé pour être au plus près de sa réalité, au plus d’elle, de la retrouver à Trévoux petite ville à une cinquantaine de kilomètre de Lyon, où elle tournait dans le film de Tonie Marshall, Passe-passe.
Un matin du mois de juin, à Trévoux. Neuf heures, la « caravane » du cinéma a déjà envahi la rue principale. Des électriciens déroulent des câbles, installent des projecteurs tandis que le chef opérateur et les cadreurs s’affairent autour de deux caméras, régisseurs, assistants, machinistes déchargent du matériel, sous le regard attentif, de part et d’autre de la rue, de gens nombreux qui attendent Nathalie Baye et espèrent un autographe. A dix heures, elle arrive et se dirige vers la loge maquillage. Là tandis que le coiffeur s’occupe d’elle nous entrons dans le vif du sujet et parlons métier : plan de travail, apprentissage d’un rôle, etc…
Douze heures , elle répète et tourne une scène de rue où elle court pour rejoindre une voiture. Maîtrise de son corps mince, juvénile certainement dû à la danse, elle est totalement dans son personnage.
A treize heures, je la retrouve devant sa loge, détendue. Elle me parle de sa formation de danseuse, du cours Simon, du Conservatoire, de sa rencontre avec Truffaut, de Godard, du tournage du Retour de Martin Guerre, de La Balance qui lui vaut un César et la propulse sur le devant de la scène. « J’ai commencé tout de suite avec de bons metteurs en scène, de qualité, qui m’ont aidée à poser les bases de mon métier.». Elle me demande d’arrêter, il lui faut se reposer et se concentrer avant les scènes de l’après-midi.
A quatorze heures trente, elle est sur le plateau pour une scène d’intérieur avec de nombreux figurants, plusieurs répétitions, plusieurs prises. Je la retrouve une heure plus tard entre deux prises, et il en sera ainsi tout au long de la journée. Elle me parle du travail de l’actrice, de son goût pour les rôles extrêmes, de son expérience américaine avec Spielberg, de son obsession de la liberté, de son désir de mener une vie normale et de ne pas changer de vie sous prétexte qu’elle est connue, de la célébrité, de la médiatisation excessive et la solitude que finalement elle engendre et de la manière dont elle défend âprement sa vie privée. C’est dans une totale confiance de part et d’autre que s’est déroulé cet entretien, et ce portrait est celui de Nathalie Baye, une femme éprise de liberté avec une passion dévorante pour son métier, une amoureuse du cinéma, qui prend au fil des ans et des films de plus en plus de plaisir à jouer, et qui dit : « …j'ai le vertige du jeu, grâce auquel je parviens à m'effacer. M'oublier me procure un plaisir infini et m'apporte mon équilibre.».
Anne Wiazemsky
Fiche technique
| Réalisation | Anne Wiazemsky |
| Durée | 52' |
| Support tournage | DVCPRO HD |
| Format | 16/9 |
| Lieu de tournage | Paris – Région Lyonnaise |
| Diffusion | France 5 |
| Archives | INA – Studio Canal – Canal + - Warner USA – Gaumont – Why Not – Société des Césars – Kuiv Production – Corbis - Eyedea |
| Techniciens | |
| Chef Opérateur Image | Laurent Fleutot |
| Ingénieur du Son | Christophe Daubrée |
| Monteur | Aurélien Manya |
| Musique | David Laloue |
| Mixage | Christophe Daubrée |
Réalisatrice
Réalisatrice 2007 Danielle Darrieux, une vie de cinéma France 5 2005 Mag Bodard, un destin France 5 2004 Les Anges 1943, histoire d’un film France 5 Auteur 2006 Jeune fille - roman Gallimard 2004 Je m’appelle Elisabeth - roman Gallimard 2002 Sept garçons - roman Gallimard 2001 Aux quatre coins du monde - roman Gallimard 1998 Une poignée de gens - roman Gallimard 1996 Hymnes à l’amour - roman Gallimard 1993 Canines - roman Gallimard 1991 Marimé - roman Gallimard 1989 Mon beau navire - roman Gallimard 1988 Des filles bien élevées - nouvelles Gallimard Scénariste 1994 US go homme (Claire Denis) ARTE Actrice
| Cinéma | Au hasard Balthazar de Robert Bresson La Chinoise, One +One, Vent d’est, Vladimir et Rosa de Jean-Luc Godard Théorème, Porcherie de Pier Paolo Pasolini Capricci de Carmelo Bene La Semence de l‘homme de Marco Ferreri L’Enquête de Giani Amico Le Grand départ de Martial Raysse Raphaël ou le débauché de Michel Deville Georges qui ? de Michelle Rosier L’Extradition de Peter Von Gunten Retour d’Afrique d’Alain Tanner Le Train de Pierre Granier-Deferre Couleur chair de François Weyergans L’Empreinte des géants de Robert Enrico L’Enfant secret, Elle a passé tant d’heures sous les sun-lights de Philippe Garrel Grenouilles d’Adolfo Arietta Rendez-vous d’André Téchiné Qui trop embrasse de Jacques Davila Ville étrangère (L’heure de la sensation vraie) de Didier Goldschmidt |
| Théâtre | Si l’été revenait d’Adamov Sarcelles-sur-mer de Jean-Pierre Bisson Dom Juan de Molière Les Larmes amères de Petra Von Kant de Fassbinder Penthésilée de Kleist Tonio Krôger de Thomas Mann Les Orphelins de Jean-Luc Lagarce Hôtel de l’homme sauvage de Jean-Pol Fargeau Le Drame de la vie, Vous qui habitez le temps de Valère Novarina |
| Télévision | Le Pain noir de Serge Moati L’Hôpital de Sara Madoror Le Mécène de Frédérique Compain Les Jurés de l’ombre de Paul Vecchiali |
Vidéo
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Production